» Mitant des Camps, Louis, Mitant des Camps ne périra pas ! « 

Sources : www.laetare.be

Voilà bien l’emblème d’une ville ainsi que le symbole de la chaleur et de l’ouverture d’esprit de La Louvière. L’Air du Mitant des Camps est plus qu’une chanson populaire. A La Louvière, c’est une véritable Brabançonne régionale dont, tout au long de l’année, on entend le refrain égrener la vie locale. Durant un rencontre sportive, un mariage… Quoi de plus beau finalement que de voir une musique folklorique quitter le cadre codifié du carnaval pour être associée à la vie quotidienne de la ville qu’elle représente?

Au sujet des origines de cet air de Gilles, deux hypothèses ont été avancées. Elles sont présentées par ordre chronologique.

En 1885, les Gilles de Bouvy participèrent au Dimanche Matin du Laetare pour la première fois. La rivalité était très forte avec les Gilles du Mitant des Camps, qui provenaient d’un quartier différent.
Sur le pont qui reliait alors le Centre-ville à Bouvy, il semble que les deux sociétés se soient retrouvées face à face et se soient défiées dans un combat, du reste bien pacifique, opposant leurs orchestres respectifs. C’était à la société qui aurait la musique la plus performante et la plus endurante. Après un long moment, les Gilles du Mitant des Camps sortirent vainqueurs, d’où l’air de Gilles précité.

Une autre version existe. Même si elle est historiquement postérieure à celle mentionnée ci-dessus, son intérêt est certain. Elle ne diminue en rien le crédit de la première hypothèse, car leur cohabitation est du reste tout à fait plausible.

Pendant la guerre 1940-1945, plusieurs abris furent construits dans les terrils du quartier du Mitant des Camps. Du côté de la rue de l’Olive, l’un a été édifié par Arsène Baras, Augustin Baras et Arsène Baras, parrain du premier. Du côté de la rue du Mitant des Camps, en face du  » Grand Tor « , un autre avait été construit par Clément Depreter et Emile Piette. Pour étançonner ces abris, les charbonnages de Sars Longchamps avaient fourni du bois de mine.

La nuit du 9 au 10 mai 1944, à 3h15, la gare de formation d’Haine-Saint-Pierre fut bombardée par la Royal Air Force et, par la même occasion, le hameau du Mitant des Camps. Les gens de l’endroit, réfugiés dans les abris, étaient apeurés par l’intensité du pilonnage subi. Pour remonter le moral des abrités, et sûrement d’eux-mêmes, Charles et Alexandre Piette se mirent à chanter  » Mitant des Camps ne périra pas « , avec l’espoir que le hameau ne soit pas anéanti. En dépit des dégâts et des disparitions subies, il en fut ainsi. (Source: Arsène Baras).

Peu après l’Armistice de mai 1945, vers la fin du mois de juin, furent organisées à La Louvière et à titre exceptionnel, des manifestations carnavalesques qui brillèrent surtout par les dates inhabituelles où elles prirent place, mais aussi par l’entrain et la ferveur bien légitimes qui s’y étaient exprimés. A cette occasion, ce refrain que tant avaient fredonné dans leurs abris au Mitant des Camps fut repris par la société de Gilles  » Les Amis Réunis « , qui en fit très vite un air de Gilles incontournable.

mitantdescamps

News